MÉMORANDUM
des associations d’organisateurs privés, s’activant dans le pèlerinage à la MECQUE
COPHOM Consortium des Organisateurs Privés du Hajj
RENOPHUS, Regroupement National des Organisateurs Privés du Hajj

post LES FACTEURS QUI PLOMBENT LE HADJ
Les associations des organisateurs privés du pèlerinage à la Mecque regroupant plus de 270 structures, se sont réunies pour passer au peigne fin les facteurs bloquants du Hadj.
Depuis l’instauration d’une Délégation Générale en 2016, les difficultés sur le parcours du Haj.
Parmi ces problèmes, nous pouvons citer quelques-uns :

1- LE COMPORTEMENT DU DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL

Le Délégué général au Pèlerinage a un comportement quelques fois autoritaire, discourtois et inélégant
Il se comporte en voyagiste des deux mille (2000) pèlerins qu’il convoie alors que les onze mille (11000) autres qui sont avec les privés, semblent ne pas le concerner. Il ne doit pas y avoir de dichotomie, encore moins de ségrégation entre les pèlerins dits de l’Etat et ceux dits des privés.
Positionné en concurrent des organisateurs privés, son rôle de régulateur et de contrôleur de l’ensemble du quota du Sénégal, en ressent un coup certain.
Les organisateurs privés qui n’ont qu’une concession de service public dédié à l’Etat, sont toujours dans les meilleures dispositions pour assister la DGP dans l’accomplissement de cette mission.





2-QUOTA DU SÉNÉGAL et les regroupements
Le quota du Sénégal est passé de 10.500 en 2016 à 13.000 en 2019. Cette année le privé a convoyé les 11000 tandis que les 2000 revenaient à la Délégation.
Mais ce qui est important par rapport à la gestion de ce quota, est que, tant que la DGP gérera un quota, quel qu’il soit, elle ne se consacrera jamais à son rôle de régulateur et de contrôleur.
De même, une mauvaise interprétation des textes du pèlerinage pousse la DGP à imposer des regroupements, non maîtrisés, source de conflits permanents. Les conflits constatés dans la formation des 34 regroupements démontrent l’inefficacité des regroupements forcés. Par conséquent, la volonté de la Délégation de les condenser davantage jusqu’à 20 regroupements risque d’amplifier les dysfonctionnements et les mésententes.
Les regroupements doivent être volontaires et respecter l’esprit du cahier des charges.
3- LE CAHIER DE CHARGES
L’état du Sénégal a validé en 2016 un nouveau cahier de charges régissant le pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam, remplaçant celui qui était en vigueur depuis 2010.
Les organisateurs privés (8 membres) avaient participé à la commission mise en place par Monsieur le Premier Ministre, de décembre 2015, à mars 2016, pour son élaboration.
Mais à sa publication, des points non discutés y avaient été introduits, et déjà, des observations furent émises par les privés.
La DGP avait alors demande aux organisateurs privés, d’attendre les tests sur le terrain avant de penser aux amendements possibles.
Nous étions en 2017, et nous attendons toujours malgré les multiples relances.
Le cahier des charges est à revoir en divers points parce qu’il est en porta faux avec certaines dispositions de la Constitution du Sénégal et du COCC.
Le DGP l’interprète uniquement pour les points qui arrangent sa politique.
Au point 6 du cahier des charges, l’on parle de voyagistes ou regroupements de voyagistes, et d’un nombre à convoyer de cent (100) à six cents (600).
A cet effet, ceux qui ont un quota de cent (100) à six cents (600) peuvent valablement ne pas se regrouper.
Le cahier de charges ne prévoit pas d’obligation de regroupement, encore moins de limitation du nombre de convoyeurs.

4- Les visas gratuits pour les encadreurs
Depuis longtemps, le Sénégal a droit à 140 visas gratuits pour les encadreurs. Depuis 2017, nous ne bénéficions plus de ces visas gratuits, hors quota du Sénégal et hors taxe. La délégation qui est censée avoir une vingtaine d’encadreurs et d’administratifs se l’approprie au détriment des voyagistes privés qui convoient 11000 pèlerins dont des centaines d’encadreurs.
Ce visa dispense du paiement de 2000 rials (répétition de HAJJ), du paiement de la taxe saoudienne et permet, entre autres, une mobilité permanente sur tous les sites du Hajj.
En 2017, 2018 et 2019, point de visa, et aucune justification ou explication plausible n’a été donnée aux ayants droit.
Nous voulons que la délégation introduise auprès du Ministère du Hadj une demande de visas gratuits pour les 287 agences agrées qui doivent encadrer les 11.OOO pèlerins du privé. Les 140 visas gratuits pour encadreurs datent du temps où il y avait pas autant d’agences privées.

5- les vaccins
Auparavant, les vaccins obligatoires pour le pèlerin étaient gratuitement pris en charge par l’Etat via la subvention allouée au Commissariat général au Pèlerinage. Depuis deux ou trois ans on nous le fait payer à 4850 puis à 5000 F cette année, pour tous les pèlerins y compris ceux qui ne doivent le prendre pour avoir été vaccinés antérieurement, puisque ayant déjà été à la MECQUE ces dernières années. La vaccination contre la méningite est fixée à une fois tous les trois ans et celle contre la fièvre jaune se prenant d’abord une fois tous les 10 ans et actuellement une fois à vie.
Donc des pèlerins et même les organisateurs, paient un service dont ils n’ont pas bénéficié, et aucun remboursement n’est opéré.

6.- le prix élevé de Flynas.
TRANSPORT ARIEN
Une disposition du cahier de charges sénégalais, impose aux organisateurs privés, de faire voyager, au moins, 50% de leur quota par la compagnie affrétée par l’état du Sénégal, (art.6).
Cette disposition s’appuierait sur une décision de l’état saoudien, imposant, à chaque état de faire convoyer, au moins, 50% de son quota par une de ses compagnies.
Alors qu’en réalité, cette « recommandation », qui n’avait jamais été acceptée avant 2016, par le Sénégal, concerne les pays qui n’ont pas de compagnie nationale et seraient obligés de recourir à un pays tiers.
Mais le vrai problème, et qui ne se justifie pas, est le prix prohibitif appliqué par la compagnie aérienne saoudienne Flynas et signé par la DGP, par rapport à ce qui se faisait avant 2016.
(Augmentation de près de 400 000 F CFA entre 2015 et 2019, à un moment ou le baril du pétrole coûtait deux fois moins cher).
En plus le privé qui convoie 11.000 des 13.000 pèlerins, n'assiste pas aux négociations du prix et n'a aucune idée du contrat entre la délégation et la compagnie Flynas. Et c'est ce prix trop cher du prix du billet d'avion qui justifie en partie la cherté du package. Il nous est imposé de faire voyager obligatoirement 50 pour cent de nos pèlerins par une compagnie saoudienne et ceci ne date que depuis 2017 avec l’avènement de la délégation générale. Une solution peut être trouvée à cela notamment avec notre compagnie nationale Air Sénégal. Si c’est le cas, elle doit se manifester dès à présent.




7- AGRÉMENT IATA ET STATUT DU SENEGAL EN ARABIE SAOUDITE
La Délégation nous a informés que cet agrément est désormais exigé pour l’organisation du pèlerinage notamment pour l’accès à l’utilisation du portail électronique.
L’IATA est l’Association Internationale du Transport Aérien. Ce sont les agences de voyage qui ont pour vocation de vendre des billets d’avion qui doivent être soumises à un tel agrément et non des structures qui organisent un voyage religieux et qui ont pour principal objectif de bien encadrer les pèlerins. Le plus grave c’est de l’exiger dans un délai de trois mois ou d’être contraint de s’adosser à celui qui en dispose peu importe qu’il soit expérimenté ou novice. La délégation est sur le point de renverser l’ordre des choses en voulant remettre l’avenir de l’organisation du Hadj entre les mains d’une vingtaine d’agences IATA, pas nécessairement compétentes en matière de HAJJ, au détriment de structures expertes et expérimentées.
Cependant, il faut préciser qu’en Arabie saoudite, le Sénégal n’a pas le même statut que certains pays comme l’Indonésie, la France et autres. En effet, le quota global est attribué à l’Etat du Sénégal qui, à l’interne, en distribue la plus grande partie aux structures privées considérées en Arabie saoudite comme « UNDER MISSION », c’est à dire sous la tutelle et la couverture de ce que les saoudiens appellent « Bureau des Affaires du Hajj », à savoir, la Délégation générale au pèlerinage. C’est la DGP qui, seule, a la possibilité d’ouvrir le portail électronique et d’y insérer les structures privées et de leur permettre d’être opérationnelles.
Elle n’a nullement besoin d’un agrément IATA pour être opérationnelle dans le portail et couvrir les structures privées.
Il est également important de préciser qu’aucune agence de voyages titulaire d’un agrément IATA ne peut émettre des billets pour le pèlerinage (ce privilège est exclusivement réservé aux Compagnies aériennes).






8- LES TENTES DE MINA
La délégation est à l’origine du choix obligatoire des tentes dites tentes c+ payées très chèrement et qui n’offrent que des matelas encombrants dans un espace étroit et bondé de monde.
Ces petits matelas nous sont facturés à quatre cent vingt (420 rials soit 66.204 FCFA) rials par an pour cinq jours alors que leur prix sur le marché n’excède pas 10.000 FCFA. Le malheur est que ce sont ces mêmes matelas qui sont servis à nouveau l’année suivante alors que nous sommes obligés de les payer encore.
Les frais des tentes à Mina d’une valeur de 1300 rials par pèlerin soit 204.000 CFA y compris les matelas, ne se justifient pas. En 2015 nous avions payés au total 500 rials comprenant les services des tentes et la restauration sans les matelas. En 2016 nous avions payés moins de 800 rials comprenant tentes, matelas et restauration. Ce n’est qu’en 2018 que la Délégation nous à rendu obligatoire l’utilisation des matelas avec un coût total des services à 1300 rials par pèlerin compte non tenu du prix de la restauration fixée à 250 rials et qui est passé à 370 rials en 2019 (58275 CFA) par pèlerin pour les 5 jours de Mina.

9- LA RESTAURATION A MINA ARAFAT
La DGP n’a toujours pas réglé le problème de la restauration Mouna-Arafat 2018 avec une procédure biaisée de versement des frais de la restauration, et des contrats signés par la DGP à la place des privés, faisant ressortir des montants largement inférieurs à ceux réellement payés par les privés. Ce différent est toujours latent et nécessite d’être élucidé.
Après la restauration cahoteuse de 2017 et 2018 où les pèlerins ont vécu la galère, en 2019 la délégation a demandé aux privés de prendre leur responsabilité et de gérer eux-mêmes la restauration des 11000 pèlerins. Heureusement que le privé s’en est bien sorti.

10- LES PRÉJUDICES DU VERSEMENT DE LA TAXE SAOUDIENNE A LA BANQUE ISLAMIQUE
Depuis 2016 L’Arabie saoudite a ouvert un compte pour chaque regroupement pour le payement de la taxe saoudienne via le portail électronique. Par conséquent le versement doit se faire directement sur ce compte par virement à partir de n’importe quelle banque. Cependant, il nous est imposé de virer d’abord ce montant égal à 263.000 CFA par pèlerin pour 11.000 pèlerins soit deux milliards huit cent quatre vingt treize mille francs CFA (2.893.000) dans un compte de la banque islamique avant de nous le faire restituer pour effectuer nous-mêmes le virement vers le compte saoudien approprié de Riyadh Bank. Ce passage obligé et inutile dans un compte de la banque islamique entraîne souvent des retards dans le respect de nos délais de payement avec beaucoup de préjudices. Nous demandons simplement sa suppression.

11- LA GARANTIE BANCAIRE
La garantie bancaire, condition pour l’obtention définitive d’un quota (point 7 du cahier de charges), a été proposé par les organisateurs privés dans la commission de rédaction du document de base, à la place de la caution initialement proposé par l’état.
Comme son objectif était de couvrir les frais de transport aérien, en cas de pèlerins laissés en rade, il fut proposé de l’indexer sur le tarif du transport aérien, à raison d’au moins 10 %, rapporte au nombre de pèlerins.
Mais dans la rédaction finale, elle fut rapportée au package, à au moins 10 %.
De 10 % en 2017, 15 % en 2018, il est passe à 25 % en 2019, après avoir été arrêtée à 30 % dans un premier temps.
Il est dit dans le cahier de charges que, « ….le montant est fixé chaque année, par le Délègue Général, après concertation avec les acteurs du pèlerinage et les autorités étatiques,». Ces augmentations qui ne profitent qu’à la banque, sont faites au seul détriment du pèlerin, qui les supporte au finish.

12- L’HOMOLOGATION DES PACKAGES
En 2019 la Délégation Général avait exigé la baisse des prix pour les conformer à un seuil fixé par elle-même alors que les organisateurs privés avaient déjà finalisé leurs contrats avec leurs fournisseurs de services saoudiens et les pèlerins.
Plus grave, elle décide cette année d’homologuer avant de donner les quotas. Ce qui signifie qu’elle fixe le prix de vente alors que nous ne connaissons pas encore nos coûts et frais d’achat. La notion d’homologation des package n’a pas sa place dans le pèlerinage. Deux organisateurs peuvent faire voyager leurs pèlerins par la même compagnie aérienne, loger dans un même hôtel et n’avoir pas les mêmes prix du billet d’avion ni le même prix de l’hébergement sans compter les frais annexes à l’appréciation de chaque agence.

13- Le zam zam
Beaucoup de pèlerins du privé, ayant voyagé avec la compagnie FLYNAS, affrétée par l’état du Sénégal, sont rentrés sans Zam zam cette année. La raison fondamentale est que Flynas et Délégation n’avait pas comme les années précédentes, pré-financé le Zam zam en le transportant lors des vols retour vides avant le pèlerinage et en le stockant à l’aéroport Blaise Diagne en attendant le retour. Les voyagistes n’ont pas été informés de ce changement et la procédure de payement par virement à la banque à partir de la Mecque a connu des lenteurs.
Seuls les pèlerins convoyés par l’état en ont eu droit, d’office. Les deux premiers vols du privé en ont été privés. Du jamais vu de mémoire d’organisateur.

14– La question des valises
Dans le contrat que nous avons signé avec la Délégation Générale, celle-ci devait remettre à chaque pèlerin deux valises et un sac de voyage avant le départ.
Jusqu'à notre retour, c'est une suite de promesses non respectées. Nous sommes partis sans les valises et revenus sans les valises. Quand on demande qui est le responsable de la non distribution de ces valises nous assistons à un jeu de ping-pong entre la délégation et ceux qui sont censés être les représentants de la compagnie aérienne. Mais dans tous les cas, il est clair que c'est la délégation qui a signé ce contrat avec les organisateurs privés.
Le comble est que jusqu’à présent, les valises ne sont pas disponibles pour la grande majorité des organisateurs privés. Par contre, tous les 2000 pèlerins convoyés par la Délégation, ont reçu leurs valises à temps.

15 ASSURANCES
Avant 2017, les organisateurs privés signaient leur propre contrat avec l’assureur et percevaient une « participation bénéficiaire », en fonction du quota que leur allouait le commissariat au Pèlerinage, après chaque campagne ; Ce qui n’est plus le cas ; et ils s’interrogent.

16 CERFI (Guichet Unique de traitement des Inscriptions)
Les conditions d’accueil, d’utilisation et de traitement des privés y sont exécrables.
Pourquoi le CERFI et non ailleurs.

17- LA STRUCTURATION DES PRIX
En demandant à chaque agence de donner la valeur de chaque composante de son coût de revient notamment les prix du transport, les taxes et surtout le prix de l’hébergement pour déterminer à sa place son prix de vente, la DGP enfreint le secret professionnel, retarde le processus de recrutement des pèlerins et brise la confiance mutuelle longuement entretenue entre l’organisateur privé et ses pèlerins. S’il est nécessaire de demander la fiche des produits qui contient l’ensemble des services offerts par le voyagiste, il est absurde d’exiger la structure des prix dans le cadre du pèlerinage à la Mecque.

18- LA PRIVATISATION
L’état du Sénégal, à travers son chef, a décidé, en 2015, de privatiser, à terme, le pèlerinage, en délestant chaque année, de 500 unités, le quota de la mission nationale.
Ce processus, s’il était bien appliqué, devait déboucher sur la privatisation totale du pèlerinage, en 2018.
De 1500 à l’arrivée de l’actuel DGP en 2016, le quota de la mission était de 2000 en 2019.
Les organisateurs privés sont prêts pour accompagner le chef de l’Etat dans sa volonté de privatiser intégralement le hadj.

CONCLUSION

Les organisateurs privés sont prêts pour accompagner le chef de l’Etat dans sa volonté de faire émerger le Sénégal, bien avant 2035 d’ailleurs.
Ils sont prêts dans ce domaine qui est le leur et qu’ils connaissent mieux que quiconque, et qu’ils aiment fortement, à s’investir pour la défense de l’image de marque de notre cher pays, à s’investir pour que le Sénégal retrouve son rang d’antan (jamais en dehors des 3 meilleurs pays au monde).
Pour cela, nous voulons être mieux encadrés, sincèrement, dans une ambiance qui favorise une forte productivité, pas dans une atmosphère polluée de polémique, de suspicion et de menace permanentes.
Les organisateurs privés s’engagent à accompagner l’état dans la moralisation et l’amélioration des comportements dans le milieu du pèlerinage.


Fait à DAKAR le, 29 novembre 2019

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